Les origines
Dès la fin des années 60, la prise de conscience
des problèmes écologiques causés par
les activités humaines émerge sur la scène
publique. La multiplication d'évènements catastrophiques
(marées noires, pluies acides, etc.) révèle
la capacité destructrice de l'homme vis-à-vis
de son environnement. Ces préoccupations sont rapidement
doublées de la montée d'un discours très
critique envers la société industrielle basée
sur la croissance économique.
La publication du célèbre rapport Halte à
la croissance par le Club de Rome en 1972 est l'un des tournants
décisifs dans l'émergence du développement
durable. Ce travail de chercheurs du MIT (Massachussets Institute
of Technology) montre l'incompatibilité entre un système
basé sur la croissance éternelle et les limites
d'un monde fini, notre planète.
La même année se déroule à Stockholm
le sommet des Nations Unies sur l'environnement
humain. Pour la première fois au niveau international,
des débats ont lieu sur les questions liées
à l'environnement et au développement. Si la
conférence peut être considérée
comme un échec au seul regard des résultats
obtenus (peu d'engagements concrets), elle a permis en réalité
de poser les bases d'une réflexion sur un autre mode
de développement.
Le sommet de la Terre 1992 est une année charnière
en matière de développement durable. Cette année-là
se déroule à Rio de Janeiro la conférence
des Nations Unies sur l'environnement et le développement
plus connu sous le nom de sommet de la Terre. C'est la plus
importante conférence internationale jamais réunie
puisqu'elle a rassemblé les représentants de
178 pays.
La Déclaration de Rio
propose l'équivalent d'une grille de lecture universelle
du développement durable:
-L'article 1 précise que les êtres humains sont
au centre des préoccupations du développement
durable.
-L'article 2 insiste sur la nécessité d'une
action commune de tous les pays.
-L'article 3 appuie sur la notion de solidarité inter
et intra générationnelle c'est-à-dire
entre les générations mais aussi entre les groupes
sociaux.
-L'article 4 rappelle l'importance de la prise en compte des
aspects environnementaux dans le processus de développement.
Le plan d'action se nomme Action 21. C'est un document
à vocation opérationnelle. Il comporte 40
chapitres et 115 propositions qui doivent guider les décisions
à tous les niveaux afin de faire du développement
durable une réalité. Il est signé
par plus de 150 nations.
Ce plan d'actions est également appelé Agenda
21 (agenda = ce qu'il faut faire ; 21 = pour le
21ème siècle). Son chapitre 28 traite des
collectivités locales et les exhorte à mettre
en oeuvre un agenda 21 à leur niveau, d'où
l'expression "Agenda 21 local".